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Fiches conseils › Comprendre

Photographie : Sena / Pexels

Parler à quelqu'un qui ne va pas bien

Ce qui aide, ce qui bloque, et les phrases à éviter.

Ce qui aide : écouter avant de chercher à rassurer ou à résoudre. Face à la souffrance d'une personne, le réflexe est souvent de vouloir trouver rapidement une explication ou une solution. Pourtant, elle a d'abord besoin de pouvoir dire ce qu'elle vit et de se sentir entendue. Reconnaître une émotion ne signifie pas être d'accord avec tout ce que la personne pense ou dit. « Je comprends que cette situation soit très difficile pour vous » permet d'accueillir ce qu'elle ressent avant de chercher avec elle ce qui pourrait l'aider.

Ce qui aide : poser des questions concrètes. « Comment allez-vous ? » appelle facilement un « ça va ». Il est souvent plus utile de demander : « Comment dormez-vous ? », « Est-ce que vous arrivez encore à faire les choses habituelles ? », « Est-ce qu'il y a encore des moments où vous prenez plaisir à quelque chose ? », « Qu'est-ce qui vous demande le plus d'effort actuellement ? ». Les changements dans le quotidien donnent souvent accès à ce que la personne peine à exprimer spontanément.

Ce qui bloque : minimiser, rassurer ou conseiller trop vite. « Ça va passer », « Il faut relativiser », « Essayez de sortir davantage » ou « Il faut penser positif » partent généralement d'une bonne intention. Mais ces phrases peuvent être entendues comme : « Ce que vous ressentez n'est pas légitime » ou « Vous devriez être capable de vous en sortir ». Avant de proposer une solution, mieux vaut comprendre ce qui est difficile et ce que la personne a actuellement la capacité de faire.

Et lorsqu'une phrase inquiète : demander plutôt que supposer. Si une personne exprime qu'elle « n'en peut plus », qu'elle voudrait « que tout s'arrête » ou qu'elle ne voit « plus d'issue », il est important de préciser ce qu'elle veut dire. Demander clairement « Est-ce qu'il vous arrive de penser à la mort ou de penser que vous préféreriez ne plus être là ? » ne provoque pas les idées suicidaires. Cela permet au contraire d'ouvrir un espace pour en parler, d'évaluer la situation et d'adapter la prise en charge.

Si la réponse est oui. Ne pas laisser la personne seule, et ne pas rester seul non plus avec cette information. Proposer d'appeler le 3114 ensemble, depuis la même pièce : le numéro national de prévention du suicide répond gratuitement, 24 heures sur 24, et parle aussi bien à la personne concernée qu'à celle qui s'inquiète pour elle. Proposer aussi d'accompagner chez le médecin traitant, en expliquant que c'est urgent. En cas de danger immédiat, appeler le 15.

Une conversation aidante ne repose pas sur la phrase parfaite. Elle consiste surtout à écouter avant de conseiller, reconnaître avant de rassurer, questionner plutôt que supposer, et chercher avec la personne la prochaine étape possible.

Rédigée par Stéphanie Bénard, psychologue clinicienne

Publiée le 24 août 2026

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Cette fiche ne remplace pas un avis médical. Si votre situation vous inquiète, parlez-en à un professionnel de santé.