Deux états différents, parfois associés mais souvent mal identifiés, qui ne nécessitent pas la même prise en charge.
L'anxiété, c'est surtout un système d'alerte qui s'emballe.
L'anxiété est une réaction normale face à un danger ou à une incertitude. Elle devient
problématique lorsqu'elle est trop intense, trop fréquente, persiste ou commence à limiter
la vie quotidienne. Le cerveau anticipe alors ce qui pourrait arriver : inquiétudes
difficiles à arrêter, scénarios négatifs, besoin de contrôler ou de se rassurer,
difficultés à se détendre. Le corps peut aussi rester en état d'alerte : tensions,
palpitations, oppression, troubles digestifs ou difficultés de sommeil.
L'anxiété peut aussi se manifester par des attaques de panique :
des épisodes soudains de peur ou de malaise très intense, accompagnés de sensations
physiques parfois impressionnantes. Lorsqu'elles se répètent et entraînent notamment la
peur qu'une nouvelle crise survienne ou des comportements d'évitement, une évaluation
permet de rechercher un trouble panique ou un autre trouble anxieux.
La déprime, c'est davantage une diminution de
l'élan. On se sent triste, découragé, moins motivé ou moins intéressé par ce qui
nous faisait habituellement plaisir. Une période de déprime peut survenir après une
difficulté, une déception, une perte ou une période d'épuisement et s'améliorer
progressivement. Elle n'est pas forcément une dépression. Lorsque la perte d'intérêt ou de
plaisir, la tristesse et d'autres symptômes deviennent plus intenses, s'installent dans la
durée et retentissent sur la vie quotidienne, une évaluation médicale peut permettre de
rechercher un trouble dépressif.
Les deux peuvent pourtant se ressembler et
s'associer. Anxiété et déprime peuvent toutes deux entraîner fatigue, troubles du
sommeil, irritabilité, difficultés de concentration, retrait social ou baisse d'efficacité.
Elles peuvent également s'alimenter mutuellement : être anxieux pendant longtemps peut
épuiser et décourager ; se sentir déprimé peut rendre l'avenir plus inquiétant. Il n'est
donc pas toujours facile de savoir ce qui prédomine.
Un indice : observer ce qui vous empêche d'agir.
Dans l'anxiété, on renonce souvent parce que l'on anticipe un risque, une difficulté ou une
conséquence négative : « Et si ça se passait mal ? ». Dans la déprime ou la dépression,
c'est plus souvent le manque d'énergie, d'envie ou la conviction que cela ne servira à
rien : « À quoi bon ? ». Cette distinction n'est pas un diagnostic, mais elle peut aider à
décrire ce que vous vivez à votre médecin ou à votre psychologue.
Les prises en charge ne sont donc pas exactement les
mêmes. Dans les troubles anxieux, les approches psychothérapeutiques cherchent
notamment à diminuer l'évitement, à apprendre à tolérer progressivement l'incertitude ou
les sensations anxieuses et à modifier les pensées qui entretiennent la peur. Dans la
déprime lorsqu'elle s'installe et la dépression, il s'agit notamment de remettre
progressivement en mouvement, de restaurer des activités sources de plaisir ou de
satisfaction et de travailler sur les pensées qui entretiennent le découragement. Selon la
nature, l'intensité et la durée des symptômes, une psychothérapie, un traitement
médicamenteux ou leur association peuvent être proposés.
Mais il ne faut pas attendre de savoir « ce que vous
avez » pour en parler. Si l'anxiété, la perte d'envie, la tristesse ou le
découragement persistent, s'intensifient ou commencent à modifier votre sommeil, votre
travail, vos relations ou vos activités habituelles, parlez-en à un professionnel de santé.
Son rôle est précisément de vous aider à comprendre ce qui se passe et à choisir une prise
en charge adaptée.
Nous pouvons tous traverser des périodes d'anxiété ou de
déprime : les ressentir ponctuellement ne signifie pas avoir un trouble psychologique ni
nécessiter une prise en charge. C'est lorsqu'elles deviennent trop intenses, persistent, se
répètent ou commencent à limiter la vie quotidienne qu'il est utile d'en parler. Anxiété et
déprime peuvent s'associer, mais elles ne racontent pas exactement la même chose : l'une
est davantage dominée par l'anticipation de la menace, l'autre par la perte d'élan,
d'intérêt ou de plaisir. Les distinguer permet de mieux comprendre ce que vous traversez et
de choisir les bons leviers pour aller mieux.
Cette fiche ne remplace pas un avis médical. Si votre situation vous inquiète,
parlez-en à un professionnel de santé.